Dalibougou



30 août 2007

Charles, Vincennes, scout, 1 mois à Dalibougou en 2007

Désormais étudiant en 3e année à Sciences Po Lille, je suis parti à Dalibougou pendant un mois, en août 2007. J’ai fait le voyage avec 4 amis, dans le cadre d’un projet scout qui consistait à offrir nos services à une structure caritative africaine. Nous avions tous entre 18 et 20 ans lors de ce voyage et pour nous tous, c’était la première expérience de l’Afrique.

Nous avons tout d’abord été séduits par le fait que Sinjyaton était une petite structure, sachant où elle allait et avec un projet précis. Il était également important à nos yeux de travailler dans la continuité d’un projet et de ne pas faire quelque chose qui cesserait après notre départ. Il était donc idéal de pouvoir se greffer à l’équipe d’éducateurs maliens de l’association, et d’apporter ainsi notre valeur ajoutée à une démarche à long terme.

Pour financer ce voyage, nous avons travaillé pendant un an à travers différents petits boulots et l’organisation d’un concert. Nous avons également reçu des subventions de la part de la ville de Vincennes (94) et du Conseil Général du Val de Marne.

A Dalibougou, nous avons mis en place différentes activités pour les enfants de la maison et du quartier. Ce travail d’animation quotidien s’est accompagné d’actions plus ponctuelles comme la participation à des rondes de nuit dans Bamako en compagnie des éducateurs de Dalibougou. Ces rondes avaient pour objectif de s’enquérir de l’état de santé des nombreux groupes d’enfants vivant dans les rues de Bamako et ne pouvant pas être accueilli à Dalibougou. Le cas échéant, il s’agissait d’apporter les premiers soins à ces enfants qui ne sont généralement pas acceptés dans les hôpitaux engorgés de la capitale malienne.

Le clou de notre voyage a certainement été les deux jours de camping que nous avons organisé avec les éducateurs dans un petit village de la campagne malienne, à une dizaine de kilomètres de Bamako. Bien que nombre des enfants de la maison aient vécu pendant un certain temps dans la rue, la plupart n’étaient jamais sortis de Bamako, et ce séjour constituait leur premier contact non-urbain avec leur pays. Pour eux, comme pour nous, ces deux jours ont été une expérience merveilleuse de découverte de soi, de l’autre et de la vie en communauté dans le cadre magnifique des rives du fleuve Niger.

Le contact et le travail avec les éducateurs a été très facile, et c’est cette relation de confiance qui nous a permis de mener au bout notre idée de camping pour les enfants.

Pour tous ceux qui souhaitent s’engager dans une première expérience en Afrique, l’association Sinjyaton Mali présente l’avantage incontestable d’être dirigée et composée uniquement de maliens, ce qui permet une immersion totale et un travail sur des terrains beaucoup plus difficilement accessibles (cf. les rondes de nuit qui sont impossibles sans la présence d’un éducateur malien) dans des structures occidentales. De plus, sa taille permet de travailler sur des réalisations concrètes, dont on peut évaluer soit même les tenants et les aboutissants.

A Dalibougou, on sait ce que l’on fait, pourquoi on le fait et pour qui on le fait.

15 mai 2007

Marielle, éducatrice à Plaisir (Yvelines), 3 semaines à Dalibougou en 2007

Quand j’étais en formation d’éducateurs spécialisés à Paris, j’ai eu la chance de pouvoir effectuer un stage d’un mois à Bamako avec les enfants des rues. Ce fut l’occasion de rencontrer Mamadou Touré, président de l’association Sinjiya-ton Mali, et acteur incontournable du travail social.

Quelques années plus tard, en poste d’éducatrice spécialisée, j’ai participé à un chantier de solidarité internationale avec un groupe de jeunes (construction d’une école). C’est tout naturellement que nous avons choisi d’être hébergés à « Dalibougou », par solidarité avec Sinjiya-Ton. Et c’est tout naturellement que nous avons commencé à tisser des liens avec le personnel et les enfants de Dalibougou. Un regard, un sourire, quelques mots échangés, une partie de cartes…Trois semaines plus tard, nos jeunes ne voulaient plus quitter Dalibougou et :

  • la quiétude des repas partagés dans la cour ombragée autour de la grande table accueillante et conviviale,
  • les plats savoureux du chef cuisinier,
  • la jovialité et le dynamisme des enfants,
  • les soirées bercées par leurs voies mélodieuses se mêlant au son de la Kora,
  • la disponibilité de Mamadou, malgré son emploi du temps hyper chargé, pour nous parler de son travail
  • les tournées auxquelles il a bien voulu nous faire participer la nuit à la rencontre des enfants des rues.

Les instants de vie partagés à Dalibougou ont été bien plus efficaces que tous nos discours sur les notions d’ « aide » et de « développement » que nous voulions transmettre aux jeunes à travers cette expérience.

13 mai 2007

Les nouvelles de Dalibougou, mai 2007

Il y a 2 ans maintenant, en mars 2005, nous avons accueilli les premiers enfants à Dalibougou (ils vivaient tous dans les rues de Bamako depuis plusieurs années) 

Ils étaient 4 : Baba, Gaoussou, Moussa et  Mohamed.

Depuis, d’autres les ont rejoints.

Ils sont aujourd’hui 19.

Pour les enfants en apprentissage ou encore indécis quant à leur voie, des cours de français, de lecture, d’écriture et d’informatique sont dispensés par les éducateurs.

Nous recherchons actuellement un instituteur à mi-temps pour ces enfants.

Apprentissage :

Nos 3 apprentis couturiers sont ravis car l’ « atelier maison » est en passe de sérieusement voir le jour grâce à une jeune femme modéliste, styliste et professeur de couture qui a décidé, après avoir séjourné une semaine à Dalibougou, de nous aider concrètement à cette réalisation, depuis la France, en faisant des sauts réguliers à Bamako.

Pour les accompagner au quotidien, nous recherchons un formateur qui sera présent à mi-temps.

L’autre mi-temps sera consacré au suivi d’un enseignement général.

Nous avons également un candidat à l’apprentissage en boulangerie - pâtisserie…

Animations :

Le chanteur Tiken Jah Fakoly qui avait donné à 7 des enfants l’opportunité d’enregistrer un cd dans son studio de Bamako a tellement apprécié leur prestation qu’il a décidé de chanter sur l’un des titres de l’album (featuring) et de faire jouer son guitariste sur 7 titres.

Il les a également invités à monter sur scène pour chanter avec lui lors du festival de musique Paris Bamako au mois d’avril dernier.

Nous vous avertirons dès la sortie du cd…

La partie animation de la pose de la première pierre d’un nouvel orphelinat de Bamako a été confiée à Sinjiya ton et les enfants ont pu jouer une pièce de théâtre devant le Président de la République du Mali qui, après la représentation, a promis de venir rencontrer les enfants dans leur maison.

En dehors du chant, de la musique et du théâtre, les enfants font maintenant des arts martiaux, de la danse et bien sûr, toujours du foot….

Dans les 2 maisons, beaucoup de changement :

N’ayant pas encore de maison et étant logées dans des conditions que nous ne trouvions pas acceptables à long terme, les 4 filles ont emménagé dans une grande chambre de la maison d’hôtes.

Des meubles de rangement viennent d’être livrés pour tous.

Les peintures intérieures et extérieures de la maison des garçons (sinjiya so) sont prévues pour très bientôt.

Visites :

Sur instruction du Président du Mali et en prélude à la rencontre promise, 2 Ministres sont passés à Dalibougou (le Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille et celui de la Solidarité, du Développement Social et des Personnes Agées).

De plus en plus d’étudiants français (animateurs, instituteurs, éducateurs spécialisés, travailleurs sociaux…)  passent leurs mois de stage à Dalibougou auprès des enfants et des éducateurs.

Des échanges fructueux pour les uns et les autres.

5 scouts de Vincennes viendront 2 semaines au mois d’août épauler les animateurs et prévoient quelques jours de camping avec les enfants.

Emma Hernandez, Cat Gabillon (les cocottes en papier) et Laura Hinstin retournent 3 semaines cet été à Dalibougou afin d’animer un atelier photo et graphisme.

Soutiens :

Merci aux associations consart (http://consart.canalblog.com/archives/6___bodega_afrika______2007__/index.html)

Merci à tous les artistes qui ont eu la gentillesse de venir jouer gracieusement.

Environ 500 personnes sont venues faire la fête à la Java.

Merci également à ASAO, association qui a pour vocation d’aider les enfants de la rue de Dakar au Sénégal, qui nous apporte son soutien financier.

Merci à la boutique DPAM de Vincennes qui nous fait bénéficier de ses vêtements et chaussures pour enfants  (invendus, soldes, défectueux.....) qui habillent et chaussent les enfants de Dalibougou et du quartier également.

Merci à la société Lamali qui, depuis le début de nos actions, se montre toujours fidèle, en nous donnant de leurs jolis objets d’Inde ou du Népal au profit de sinjiya ton.

Merci aux bénévoles qui nous aident à les vendre.

Merci à vous qui nous soutenez financièrement et amicalement.

Nous comptons sur vous comme médiateurs pour convaincre d’autres donateurs afin de nous permettre de prendre en charge d’autres enfants.

Merci pour la confiance que vous nous témoignez